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Choc de Sedrun

Edition: 04-2026 Date: 01.05.2026

Thème: News

Vérifions-nous l’aptitude à conduire des personnes âgées au mauvais endroit ?


Le tragique accident n’a pas seulement bouleversé la Suisse, il a aussi suscité de l’inquiétude.

Depuis, beaucoup se demandent : s’agissait-il d’un cas isolé tragique – ou d’un signe d’un problème plus large ? Le système actuel d’évaluation de l’aptitude à conduire à un âge avancé est-il encore suffisant ?

L’accident à Sedrun bouleverse et touche profondément. Un conducteur de 87 ans a foncé dans un groupe d’enfants en camp de ski – vraisemblablement parce qu’il a confondu l’accélérateur et le frein. L’émotion est grande, bien au-delà de la région. Et avec elle, la question : dans quelle mesure la conduite à un âge avancé est-elle réellement sûre ?

Un regard sur les évaluations du BFU et de l’Office fédéral de la statistique montre que la réalité est plus complexe que ce que cet événement tragique laisse supposer.

Le BFU souligne que les conducteurs âgés ne représentent pas un danger général pour les autres. Beaucoup conduisent plus prudemment, évitent les risques et adoptent un comportement défensif. En même temps, les limitations liées à l’âge augmentent – notamment en matière de réaction, de perception ou de capacité de décision. Dans des situations inattendues, celles-ci peuvent devenir problématiques.

Les statistiques complètent ce tableau : les seniors sont globalement moins souvent impliqués dans des accidents, mais ils conduisent aussi moins. Rapporté au kilomètre, leur risque augmente – en particulier à partir d’environ 80 ans. Il est également frappant qu’ils soient plus souvent les principaux responsables en cas d’accident. Toutefois, ce n’est pas dû à la vitesse excessive ou à l’alcool, mais plutôt à des erreurs de jugement dans la circulation.

Qu’est-ce que cela signifie pour le débat actuel ?
Les réponses simples ne suffisent pas. Les personnes âgées ne sont ni des conducteurs dangereux en soi, ni les risques croissants à un âge avancé ne peuvent être ignorés. Jusqu’à présent, la Suisse mise sur des contrôles médicaux réguliers dès 75 ans ainsi que sur la responsabilité individuelle. Le BFU recommande en outre des contrôles de conduite volontaires.

La question centrale demeure : la Suisse évalue-t-elle aujourd’hui vraiment les bons éléments ?

Les examens médicaux à partir de 75 ans sont sans aucun doute utiles – ils garantissent que les conditions de santé de base, comme la vision ou les capacités cognitives, sont réunies et qu’une personne est en principe apte à conduire. Mais ils montrent peu comment quelqu’un se comporte réellement dans la circulation, à quelle vitesse il réagit et avec quelle sécurité il gère des situations complexes. Les spécialistes critiquent donc depuis longtemps que ces tests évaluent surtout l’aptitude à conduire, et non la compétence de conduite.

Les contrôles de conduite volontaires, tels que recommandés par le BFU, interviennent précisément à ce niveau. Ils déplacent l’évaluation sur la route, là où les incertitudes apparaissent réellement. En même temps, ils permettent des retours concrets et des améliorations. Pourtant, ils sont trop rarement utilisés – tandis que les tests de conduite obligatoires restent politiquement controversés.

L’accident de Sedrun pourrait relancer ce débat. Car il montre à quel point des réactions individuelles erronées peuvent être graves – même chez des personnes officiellement considérées comme aptes à conduire.

Il est peut-être temps de changer de perspective : passer d’un contrôle purement médical à une évaluation réaliste de la pratique de conduite. Car au final, il ne s’agit pas seulement de savoir si quelqu’un a le droit de conduire. Mais de savoir à quel point il ou elle le fait réellement en toute sécurité – pour la protection de tous les usagers de la route.

Bea Heim, présidente de la FARES