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Gériatrie et Gérontologie : une alliance indispensable (mais pas suffisante) pour le Vieillir en bonne santé

Edition: 04-2026 Date: 01.05.2026

Thème: Gesundheit, News


Délégué de la FAAG-Fondation pour la Formation des Aînées et des Aînés de Genève auprès de la FARES, j’aurai le privilège en ma qualité de membre du comité GERONTOLOGIE CH de saluer le 4 juin prochain Congrès annuel 2026 de la Société Professionnelle Suisse de Gériatrie – SPSG /SFGG avec le topo introductif sous rubrique. 

L’objectif de cette manifestation est de discuter avec des spécialistes de la médecine gériatrique et de l’interdisciplinarité qui y est associée, donc ouvert à des personnes de tous horizons, expertes dans l’accompagnement médico-psycho-social des personnes et patient·e.s âgé·es. En savoir plus (invitation, programme, formulaire d’inscription, mon topo introductif avec notes de bas de pages): https://advisis.ch/events/Kongress_SFGG_SPSG_2026.

La société Suisse de gérontologie (aujourd’hui GCH) a été créée il y a plus de septante ans par le gériatre bâlois Adolf Lukas Vischer.
Dans son article de 1956 dans le journal Médecine préventive, intitulé « Une nouvelle science, la gérontologie », ce pionnier précisait que « ‘évolution et le bien-être des personnes âgées ne dépend pas uniquement de leur état physique et psychique mais est largement conditionné par leur environnement par leurs conditions d’habitat, de leur relation avec les autres et de leur position dans la société ».

Pour le dire dans un langage banal d’aujourd’hui, la gérontologie vise à développer et diffuser un « contre-blabla éclairé, sur le vieillissement ».

Et oui, un autre récit et un autre discours, bien informés, basés sur l’analyse des réalités telle que vécues aujourd’hui par les personnes âgées dans notre pays dans la diversité de leurs situations et de leurs phases de la vie, est de toute importance.

Trop souvent le vieillissement est encore perçu uniquement sous l’angle des pertes et des déficits des personnes avançant en âge, une vision âgiste à surmonter : la plupart des aîné·es d’aujourd’hui (et à 76 ans j’en suis) ne sont pas un fardeau mais une ressource ! Ils sont porteurs de compétences et d’aptitudes à développer et à faire fructifier.

Leurs compétences et aptitudes sont indispensables pour vieillir en santé mais aussi pour vivre avec la maladie en gardant une bonne qualité de leur vie. Pensons aux modes de vie, au recours à la prévention et à des examens médicaux préventifs, à la vaccination, à la gestion de leur prise de médicaments, à leur capacité de gérer des maladies chroniques tel que le diabète, … Le rôle (important) du médecin n’y est que subsidiaire.

Une alliance entre la gériatrie, la gérontologie et les personnes âgées (et pas uniquement lorsqu’elles deviennent patient·es) est dès lors indispensable.

Si notre société (y compris les personnes âgées !) continue à se tenir à une vision principalement axée sur les déficits et les pertes liée à l’âge et à renoncer à faire fructifier ressources de aîné·es, nous irons dans le mur. Ce qui est le plus grave avec la prévalence de l’âgisme, c’est l’auto-âgisme des personnes avançant en âge. Confrontées aux défis de santé et de la vie, elles risquent alors trop souvent se résigner, se percevoir comme étant «foutu·e» et se laissent aller. Une telle perception et attitude les amèneront à ne plus s’assumer, à ne plus se prendre en charge et devenir ainsi un une charge pour leurs proches, pour la société et pour elles-mêmes plutôt qu’une ressource.

Ceci ne nuit pas uniquement à leur qualité de vie mais engendre des coûts considérables pour la société : Aux Etats-Unis on estime que les représentations négatives et la discrimination liée à l’âge entraînent des coûts de santé à hauteur de 63 milliards de dollars par année.

Il n’est dès lors étonnant que les deux premiers axes prônés par la Décennie pour le vieillissement en bonne santé (2021-2030), lancée par l’ONU et l’OMS (mais largement méconnue voire ignorée en Suisse !) proposent précisément :

  1. Changer notre façon de penser, les sentiments que nous éprouvons et la façon dont nous agissons face au vieillissement.
  2. Veiller à ce que les communautés favorisent les capacités des personnes âgées.

Les axes que nous pratiquons déjà en Suisse ne viennent qu’après :

  1. Mettre en place des soins intégrés et des services de santé primaires centrés sur la personne qui répondent aux besoins des personnes âgées.
  2. Offrir aux personnes âgées qui en ont besoin un accès à des soins au long cours.”

L’Aperçu IA de Google précise à ce sujet :

« Les capacités des personnes âgées dépendent d’un équilibre complexe entre leur état de santé physique et cognitif, leur environnement social et physique, ainsi que leur histoire de vie. Le vieillissement naturel (perte de force, baisse sensorielle) et les maladies chroniques jouent un rôle majeur, mais l’activité physique, le lien social et l’adaptation du logement sont cruciaux pour maintenir leur [indépendance et] autonomie. »

Nous autres gériatres, gérontologues, personnes avançant en âge, donc notre société, nous avons ainsi du pain sur la planche.

Il s’agit de s’unir pour une alliance !

Hans Peter Graf, Délégué de la FAAG-Fondation pour la Formation des Aînées et des Aînés de Genève auprès de la FARES