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Le peuple tessinois a approuvé deux initiatives contradictoires

Edition: 05-2026 Date: 23.05.2026

Thème: News


Les référendums du 28 septembre 2025 ont placé le canton du Tessin dans une situation politique et financière exceptionnelle. Les électeurs avaient alors approuvé deux initiatives dont les objectifs se contredisaient en partie directement.

La première initiative réclamait des prestations publiques supplémentaires et des allègements en faveur de certains groupes de population. La seconde visait en revanche à obtenir des allègements fiscaux ou à limiter la charge financière pesant sur les citoyennes, les citoyens et les entreprises. Ces deux revendications ont reçu un large soutien de la population, ce qui est tout à fait compréhensible compte tenu de la hausse du coût de la vie et de l’insécurité sociale croissante.

Ce double « oui » a toutefois soulevé un problème évident : l’État doit à la fois financer davantage de prestations et renoncer à une partie de ses recettes. C’est précisément cette situation difficile qui préoccupe aujourd’hui le Conseil d’État tessinois, qui cherche désormais une solution politiquement viable et financièrement responsable.

Pour les observateurs extérieurs au Tessin, la situation semble presque paradoxale. En réalité, elle illustre parfaitement un problème fondamental des démocraties modernes : prises isolément, de nombreuses revendications politiques sont populaires et compréhensibles, mais, combinées entre elles, elles sont difficilement finançables. Le souhait d’un soutien accru de l’État s’oppose de plus en plus à celui d’une baisse des impôts et des taxes.

Le Conseil d’État tessinois se trouve donc dans une position délicate. D’un côté, il doit respecter la volonté du peuple ; de l’autre, il reste tenu de garantir la stabilité des finances cantonales. On ne sait pas encore quels compromis seront finalement trouvés. Une chose est toutefois déjà claire aujourd’hui : la mise en œuvre de ces deux initiatives exigera de la créativité politique – et sans doute aussi des décisions difficiles.

L’expérience tessinoise devrait donc être suivie avec attention dans d’autres cantons. Elle montre à quel point la démocratie directe peut s’avérer exigeante lorsqu’il s’agit de répondre simultanément à des attentes sociétales diverses.

Daniel Burckhardt, membre du comité de la FARES, vice-président de l’ATTE Tessin

 

Il popolo ticinese ha detto sì a due iniziative contrastanti

Le votazioni popolari del 28 settembre 2025 hanno posto il Cantone del Ticino in una situazione politica e finanziaria eccezionale. All’epoca gli elettori hanno approvato due iniziative i cui obiettivi sono in parte in netto contrasto tra loro.

La prima iniziativa chiedeva prestazioni statali supplementari e sgravi a favore di determinati gruppi della popolazione. La seconda, invece, mirava a ottenere agevolazioni fiscali e a limitare l’onere finanziario a carico dei cittadini e delle imprese. Entrambe le richieste hanno riscosso ampio sostegno tra la popolazione, il che è comprensibile alla luce dell’aumento del costo della vita e della crescente insicurezza sociale.

Il doppio «sì» ha tuttavia posto un problema evidente: lo Stato deve finanziare più prestazioni e, al contempo, rinunciare a una parte delle proprie entrate. È proprio questa difficile situazione iniziale a tenere oggi occupato il Consiglio di Stato ticinese, che è ora alla ricerca di una soluzione politicamente sostenibile e finanziariamente responsabile.

Agli occhi degli osservatori esterni al Ticino, la situazione appare quasi paradossale. In realtà, essa illustra in modo esemplare un problema fondamentale delle democrazie moderne: molte rivendicazioni politiche, se considerate singolarmente, sono popolari e comprensibili, ma, se messe insieme, risultano difficilmente finanziabili. Il desiderio di un maggiore sostegno statale si affianca sempre più spesso alla richiesta di una riduzione delle imposte e dei contributi.

Il Consiglio di Stato ticinese si trova quindi in una posizione delicata. Da un lato deve rispettare la volontà popolare, dall’altro ha il dovere di garantire la stabilità delle finanze cantonali. Al momento non è ancora chiaro quali compromessi si riusciranno a trovare. Una cosa è però già certa: l’attuazione delle due iniziative richiederà creatività politica – e probabilmente anche decisioni scomode.

L’esperienza ticinese dovrebbe quindi essere seguita con attenzione anche in altri cantoni. Essa dimostra quanto possa essere impegnativa la democrazia diretta quando si deve soddisfare contemporaneamente una pluralità di aspettative sociali.

Daniel Burckhardt, membro del comitato esecutivo della FAPAS e vicepresidente dell’ATTE Ticino