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« Les femmes baby-boomers (FBBS)…

Edition: 11-2025 Date: 08.12.2025

Thème: News


…vivant seules face à leurs dilemmes de logement »

Cette étude, mandatée par l’Office fédéral du logement (OFL) et la Fondation Leenaards, explore la situation résidentielle des femmes baby-boomers vivant seules en Suisse, des femmes âgées de 55 à 75 ans, représentant près de 26,5 % des femmes de cette tranche d’âge. Le rapport vise à comprendre leurs conditions de logement, leurs vulnérabilités et leurs attentes face au vieillissement, afin de proposer des pistes d’action pour des politiques publiques mieux adaptées. Le groupe de travail habitat et mobilité de la FARES a examiné ce document et soutient pleinement ses recommandations et conclusions. Elle en appelle à une mise en œuvre par les acteurs concernés.

 

Vulnérabilités et constats principaux
Les FBBS cumulent souvent plusieurs fragilités :

• Financières : revenus inférieurs à ceux des hommes et difficulté à épargner, rendant les loyers ou charges souvent lourds. La moitié consacre plus d’un quart de son revenu au logement.

• Résidentielles : elles occupent souvent des logements anciens, spacieux, parfois inadaptés au vieillissement, mais difficiles à quitter en raison de loyers avantageux ou du manque d’alternatives abordables.

• Sociales et de santé : l’isolement et la solitude augmentent les risques de fragilisation et réduisent la capacité d’anticiper un déménagement. Beaucoup sont aussi proches aidantes, ce qui accentue leur fatigue et leur insécurité financière.

Ces femmes se trouvent souvent face à un dilemme majeur : rester dans un logement devenu inadapté ou déménager dans un logement mieux adapté, mais plus coûteux ou éloigné de leurs repères sociaux.

Enquête et résultats
L’étude combine analyses statistiques, sondages (388 réponses), entretiens avec 10 communes et groupes de discussion. Les FBBB expriment une forte volonté de vieillir chez elles, mais craignent la perte d’autonomie, l’isolement et la hausse des coûts. Les communes interrogées reconnaissent ces défis, mais leurs politiques se concentrent surtout sur les personnes âgées dépendantes, laissant les jeunes retraitées dans un « angle mort ».

Recommandations
Trois niveaux d’action sont proposés :

1. Autorités communales : cibler explicitement les FBBS dans les politiques locales, conserver et développer le parc immobilier public, multiplier les partenariats public-privé, maintenir un support financier aux maîtres d’ouvrage d’utilité publique, soutenir les coopératives, instaurer des bureaux d’information sur le logement, mettre sur pied un système d’échange de logements, identifier et analyser finement les besoins pour les personnes âgées et les FBBS en particulier.

2. Acteurs de l’immobilier : promouvoir les partenariats publics-privés dans le but de favoriser des bâtiments multigénérationnels alliant notamment logements adaptés et abordables, espaces communautaires, services intégrés, aménagements extérieurs et intérieurs favorisant les liens sociaux, renforcer l’accès à l’information sur l’offre de logements et la transparence dans la gestion immobilière, porter une attention accrue aux FBBS dans l’attribution de logements coopératifs, étendre la pratique des loyers fondés sur les coûts.

3. FBBS : voir le déménagement comme une opportunité, anticiper et déménager à temps, s’ouvrir à de nouvelles formes de logement et de cohabitation, s’engager bénévolement et préserver de bonnes relations de voisinage.

Conclusions
Les FBBS incarnent une nouvelle réalité démographique : une génération nombreuse, souvent indépendante, mais fragilisée par des contraintes économiques et sociales. Pour prévenir une « mobilité contrainte » à un âge avancé, le rapport appelle à une politique du logement plus inclusive, intersectorielle et anticipatrice, intégrant la diversité des parcours féminins et promouvant des modèles de logement adaptés, solidaires et financièrement accessibles.

Le projet met en évidence les difficultés spécifiques rencontrées par les femmes seules proches de la retraite (FBBS), notamment en matière de logement. Celles-ci sont souvent attachées à leur domicile, parfois inadapté au vieillissement, et confrontées à des contraintes financières et à l’isolement. Leur tendance à conserver un logement trop grand mais abordable limite en outre l’offre pour d’autres ménages. Les communes reconnaissent l’importance de développer des logements adaptés, abordables et inclusifs, nécessitant des partenariats public-privé.

Le rapport recommande d’élargir la recherche à un échantillon plus large et représentatif de cette sous-population en Suisse. En outre, un inventaire exhaustif des réglementations, mesures et initiatives réussies en Suisse pourrait servir d’inspiration et référence pour combler les lacunes législatives. Enfin, il propose d’organiser une Convention Citoyenne autour du logement des femmes à l’approche de la retraite, sous la gouvernance des communes partenaires, afin de concevoir des solutions concrètes, durables et adaptées à leurs besoins en matière de logement.

Eliane Rey, Déléguée UREV à la FARES – Déléguée FARES au CSA