Ici vous trouvez toutes le publications de VASOS / FARES en ordre chronologique.

Partenariat patients -soignants

Edition: 04-2026 Date: 01.05.2026

Thème: Gesundheit, News

Exemple de l’ambulatoire à l’hôpital


C’est l’idéal et la promesse d’une adhésion à la prise en charge. Des efforts des deux côtés sont cependant nécessaires pour assurer la coopération.

Pour le patient il s’agit de prendre conscience des implications du diagnostic et du traitement. Les soignants sont en première ligne et jouent un rôle clé. Ils sont là pour mobiliser l’attention du patient, susciter sa motivation, l’écouter et lui expliquer la prise en charge, prenant ainsi le temps et la peine de proposer des conseils ciblés au patient afin de lui donner les moyens de préserver son autonomie et éviter des complications possibles. A ce propos les soignants adaptent le message en fonction de la nature de la maladie, de l’âge du patient, de sa culture, de sa langue, de son état d’esprit (réceptivité, insécurité, défiance, rejet parfois…). Cette approche nuancée prend du temps, nécessite de l’implication et des ressources qui sont souvent sous-estimées notamment de la part du patient. Celui-ci a aussi sa part de responsabilité, notamment en honorant ses rendez-vous, en suivant au mieux les recommandations des soignants et en adoptant une attitude collaborante, Il y va de l’organisation de l’agenda, du respect des engagements pris et de la considération à l’égard des soignants.

Bénéficier de soins appropriés reste un privilège de notre système de santé et pour le préserver la confiance patients-soignants est une base fondamentale.

Il convient aussi comme le rappelle le Professeur C. Luthy (service de médecine interne et de réadaptation aux Hôpitaux Universitaires de Genève) de relever les qualificatifs oraux parfois échangés entre soignants et les observations laissées dans les dossiers du patient qui peuvent contrevenir à l’objectif de sa mobilisation. Le docteur évoque des termes tels : patient résistant, peu engagé qui stigmatise en lieu et place d’un vocabulaire plus factuel : patient hésitant, en désaccord avec le traitement.

Des ajustements donc de part et d’autres en sachant que la motivation des soignants dépend beaucoup de l’attitude du patient dont le ton est de plus en plus souvent impératif lorsqu’il exprime ses besoins, n’hésitant pas à se montrer même agressif verbalement ou même physiquement. Celui-ci a des droits mais aussi des devoirs. A l’heure de la pénurie de personnel et de la fatigue des soignants il convient que le patient modère ses exigences. Le recours à des interventions exclusivement digitales pourrait alors devenir une option privilégiée qui laisserait au bord du chemin nombre de patients.

Elisabeth Leo-Dupont, Déléguée romande de la FARES au Conseil Suisse des Ainés, CSA